|
© La Fontaine de Pierre Vers la fin de juin, j’ai commencé à avoir des idées assez noires par rapport à l’été parisien qui m’attendait. Quoi faire de mes journées ? Comment occuper mon temps ? Pourtant je savais que je ne serais pas toute seule, plusieurs amis restaient aussi, mais des défaillances physiques me rendaient pessimiste. Et voilà que je reçois un courrier de Louis Pellet : « Salut Marie, un conte et une peinture pour toi. Une feuille de l’arbre et un peu d’eau ». Le conte, le voici : …et l’homme dans le soleil s’arrête de marcher. inutile d’aller plus loin se dit-il et de sa besace sortent les rêves qui depuis longtemps l’accompagnent. devant le grand arbre plein de feuilles le temps a suspendu son vol, le vent s’est arrêté de souffler, tout est calme et tranquille. chaque feuille est la page d’un livre, le livre d’une vie ou de toutes les vies. Que le silence règne dit l’homme fatigué et me tienne en repos. poussière est le temps. les rêves libérés ont pris toute la place. au pied de l’arbre un écouteur de rêves s’est assis. les rêves passent à travers lui. autour de l’arbre des femmes et des enfants font la ronde. l’homme arrêté est comme une statue que le temps ignore. le soleil de l’été est le maître du temps. l’ombre de l’arbre est propice au repos. loin là-bas sont les villes et les gens pressés et le malheur d’aller toujours plus vite et le travail et le progrès. les rêves sont des amis qui nous racontent des histoires, des histoires d’un autre temps et d’une vie qui est la nôtre et qui n’est pas rêverie. la réalité n’est pas triste et la vie ne s’arrête pas. vivre la journée, tout est là. C’est la fin surtout qui m’a profondément touchée : « la réalité n’est pas triste et la vie ne s’arrête pas. vivre la journée tout est là ! » Bien sûr que Louis n’était pas au courant de mes problèmes, et pourtant il m’envoie le message qu’il fallait : « Vivre la journée, tout est là ! » Marie Sanjuan et Louis Pellet
|